Frise chronologique
vers 1750
Début de la construction
Début de la construction
vers 1750 (≈ 1750)
Commande de Félix-François d’Espie à Savignac.
1755
Vente après ruine familiale
Vente après ruine familiale
1755 (≈ 1755)
Conséquence du tremblement de terre de Lisbonne.
1772
Achèvement par MacCarthy-Reagh
Achèvement par MacCarthy-Reagh
1772 (≈ 1772)
Fin des travaux par le comte irlandais.
1932 et 1992
Classements Monument historique
Classements Monument historique
1932 et 1992 (≈ 1992)
Protection officielle du patrimoine.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'hôtel : inscription par arrêté du 2 février 1932
Personnages clés
| Félix-François d’Espie - Commanditaire initial |
Officier et comte, ruiné en 1755. |
| Hyacinthe de Labat de Savignac - Architecte bordelais |
Conçoit les plans innovants anti-incendie. |
| Justin MacCarthy-Reagh - Propriétaire irlandais |
Achève l’hôtel et y installe une bibliothèque. |
| Augustin-Laurent de Rémusat - Préfet sous la Restauration |
Y établit le siège administratif préfectoral. |
Origine et histoire
L’hôtel d’Espie, aussi appelé hôtel Courtois de Viçose, est un joyau architectural du XVIIIe siècle situé au 3 rue Mage à Toulouse, dans le quartier Saint-Étienne. Considéré comme le plus bel exemple d’architecture civile toulousaine de cette époque, il se distingue par son portail monumental dissimulant une cour d’honneur, ses façades harmonieuses à pilastres et frontons, et ses intérieurs conservant décors Louis XV, cheminées de marbre et lambris d’origine. L’édifice illustre aussi des innovations techniques pour l’époque, comme des plafonds en voûtes de briques cimentées au plâtre, conçus pour limiter les risques d’incendie.
La construction de l’hôtel débute vers 1750 pour Félix-François d’Espie (1708-1792), officier de cavalerie et comte issu d’une famille enrichie au Portugal. D’abord conçu par l’architecte bordelais Hyacinthe de Labat de Savignac, le projet est interrompu en 1755 par le tremblement de terre de Lisbonne, qui ruine la famille d’Espie. L’hôtel est alors vendu à Henri Auguste de Chalvet, marquis de Merville, qui termine les travaux avant de le céder en 1772 au comte irlandais Justin MacCarthy-Reagh. Ce dernier y installe une bibliothèque remarquable et achève les aménagements intérieurs.
Au XIXe siècle, l’hôtel devient la résidence du préfet Augustin-Laurent de Rémusat sous la Restauration, servant de siège administratif avant de passer aux mains de la famille de banquiers Courtois de Viçose. Classé Monument historique en 1932 puis en 1992, il abrite aujourd’hui le consulat de Belgique. Son escalier à la française, ses salons aux voussures ornées et ses décors d’époque en font un témoignage exceptionnel du faste toulousain sous Louis XV.
Les innovations techniques de l’hôtel, comme l’absence de charpentes traditionnelles remplacées par des cloisons de briques, reflètent les préoccupations de l’époque face aux incendies urbains. Le bâtiment incarne aussi les réseaux européens de l’élite toulousaine, avec des propriétaires successifs liés au Portugal, à l’Irlande et à la finance locale. Son histoire mêle ainsi grandeur architecturale, revers financiers et adaptations politiques, depuis sa construction jusqu’à sa vocation actuelle.